Vientiane Nazim, une soirée sous la clim avec un pichet de lassi à la mangue

Quatrième jour à Vientiane, Laos. Après avoir marché le long du Mékong en après-midi, ma chemise collée au dos, j'ai décidé que ce jour-là, je resterais à l'intérieur. Je suis entr…

Vientiane Capital · Nazim

Quatrième jour à Vientiane, Laos. Après avoir marché le long du Mékong en après-midi, ma chemise collée au dos, j'ai décidé que ce jour-là, je resterais à l'intérieur. Je suis entré au Nazim, un restaurant indien. Dans toute l'Asie du Sud-Est, on trouve au moins un restaurant indien dans chaque ville, mais celui-ci à Vientiane m'a d'abord frappé par l'air froid qui s'échappait à l'ouverture de la porte. Un climatiseur mural ronronnait près de la fenêtre, et après cinq minutes assis, j'avais la chair de poule sur les bras. Au Laos, c'est rare de trouver un restaurant aussi frais que celui-ci.

D'abord, c'est frais — l'intérieur et la place

La décoration n'est ni tape-à-l'œil ni délabré : des chaises noires à motifs damas avec des nappes à carreaux, le style typique d'un restaurant d'Asie du Sud. À travers les grandes baies vitrées, on voit la route dehors, et le bruit des motos nous parvient étouffé, de l'autre côté du verre. Le clientèle mélange des Indo-Moyen-Orientaux et des routards occidentaux, et à la table d'à côté, l'anglais et l'hindi s'entrelacent constamment. L'ambiance n'est pas gênante pour venir seul.

Deux bouteilles brunes de Beerlao Premium sur la table, avec un climatiseur mural et une baie vitrée visible à l'arrière de la salle du restaurant
On voit le climatiseur mural derrière la bouteille. Beerlao Premium, à boire avec du curry : ça lave bien la bouche.

On boit du Beerlao partout au Laos, mais c'est vraiment différent avec un curry épicé. La carbonatation n'est pas forte, plutôt fade, alors elle lave le gras qui reste après les épices. Ici, c'est servi en bouteille, et on vous donne un petit verre. Pas de glaçons.

Le lassi à la mangue arrive dans une théière, pas une tasse

Si vous ne commandiez qu'une seule chose ici, ce serait le lassi à la mangue. Mais ce n'était pas ce à quoi je m'attendais. Il arrive dans une théière en verre. Une vraie pichet avec poignée, une paille rose plantée dedans, et remplie d'un yaourt épais et jaune. Sous la surface, on voit des morceaux de pulpe de mangue flotter derrière le verre.

Une théière en verre remplie de lassi jaune à la mangue avec une paille rose, les clients du restaurant flous en arrière-plan
Lassi à la mangue. Pas une tasse, une théière. Assez pour deux en partage.

Quand on en boit une gorgée, la paille devient difficile à aspirer. Le sucre arrive fort en avant, mais l'acidité du yaourt retient le coup, donc on ne se lasse pas. C'est l'idéal par la chaleur de l'après-midi au Laos. Le problème, c'est la quantité : si vous finissez seul, vous êtes rassasié. Si vous prévoyez de bien manger le curry, commandez-le après les plats ou partagez-le avec quelqu'un. Moi, j'ai mal choisi l'ordre : j'ai vidé la moitié du lassi quand le riz est arrivé, et j'ai dû abandonner le biryani à la fin.

Demander la Formulaire d’immigration numérique (LDIF)

Roti à la banane — c'est le dessert qui vole la vedette au plat principal

Le roti à la banane arrive sur une assiette noire, du papier en dessous, coupé en carré. Dehors, il est frit dans l'huile avec des taches brunes régulières, et du lait concentré qui dégouline dessus le rend brillant. Quand on en prend un morceau, les bords s'effritent, mais dedans, c'est mou avec la pulpe de banane écrasée et la couleur du jaune d'œuf. C'est rare de trouver un plat où « croustillant dehors, moelleux dedans » soit aussi honnêtement vrai.

Roti à la banane coupé en carré sur du papier, assiette noire, lait concentré coulant sur la surface
Roti à la banane. Coupé en carré, facile à manger avec les doigts.

Il faut le manger chaud. S'il refroidit, le lait concentré durcit, ça devient humide, et la saveur croustillante disparaît à moitié. Il faut se brûler les doigts en le mangeant à peine arrivé. Comme il y a du lait concentré partout sur les doigts, mieux vaut sortir les lingettes à l'avance.

Curry, tandoori, biryani — les classiques

Pour le plat principal, à quatre, on en a commandé plusieurs pour partager au centre de la table. Un curry rouge avec une tomate entière dedans, une sorte de mouton, un poulet rouge avec un goût prononcé de tandoori, et une portion de palak vert bien fin. À côté, arrive un biryani orange avec des crevettes, garni de trois rondelles de concombre et d'un quartier de citron vert. Les nans arrivent dans un panier séparé, gonflé du four avec une léger creux, on voit que c'est frais du tandoor.

Table garnie de curry rouge au mouton, poulet tandoori, palak vert, biryani aux crevettes, nans dans un panier, lassi rose, verres de Beerlao
Le plateau complet. En bas à gauche, le curry rouge à la tomate, au centre l'orange c'est le biryani aux crevettes, à droite le palak vert.

Le curry à la tomate a un bouillon plus fin qu'épais, et la viande est si tendre qu'on la sépare avec une cuillère, sans besoin de fourchette. L'épice est moyen selon les critères coréens. Ce n'est pas une chaleur qui pique comme un piment coréen, c'est une chaleur qui monte progressivement avec les épices : les premières cuillerées sont douces, mais quand on arrive au fond du bol, on a la sueur au front. Le palak n'est pas salé et très onctueux, alors glissé entre les bouchées du curry épicé, c'est comme une pause pour la bouche. Le biryani n'a pas une saveur trop prononcée, alors même ceux du groupe qui ne sont pas habitués aux épices l'ont bien mangé.

Localisation et accès

Ce coin du centre-ville de Vientiane n'est pas vraiment facile à atteindre à pied, mieux vaut prendre un tuk-tuk ou une appli d'appel de motos. Si vous y allez à pied l'après-midi, il y a très peu d'ombre, et vous arrivez déjà fatigué. Les coordonnées sur la carte ci-dessous sont exactement où j'étais quand j'ai pris les photos.

Je n'ai pas gardé le reçu donc je peux pas vous donner le prix exact. Mais selon les prix au Laos, c'est clairement plus cher qu'un petit resto de nouilles local, et à plusieurs ça reste raisonnable. Je vous recommande de vérifier le menu et les heures sur place avant d'y aller. À Vientiane, beaucoup de restaurants ferment entre le midi et le soir.

La prochaine fois, je ferai comme ça

En poussant la porte vitrée pour partir, la chaleur dehors m'a collé au visage. Une heure et demie à rester cool, le ventre plein : ça a sauvé l'après-midi entière.

À lire ensuite